Diversité (source : otterboxy.tumblr.com)

Ces expressions pas si anodines

J’ai récemment lu un article qui m’a particulièrement touchée. Cet article (le cas du « goûter de grosse » où la grossophobie ordinaire) m’a touchée car je m’y suis reconnue. Et pas forcément dans le beau rôle. Parce que, moi aussi, j’ai déjà utilisé cette expression « manger comme une grosse » sans y voir aucun problème. Mais j’ai arrêté ; parce que je me suis rendue compte qu’utiliser ce genre de phrase au quotidien revient à faire preuve de ce qu’on pourrait appeler de la « discrimination ordinaire ».

La discrimination ordinaire est celle dont on n’a pas conscience, celle qui « va-de-soi », celle qui induit un comportement que l’on considère comme normal. Ce sont même plutôt les réactions à ces actes de discrimination qui paraissent anormales, parfois disproportionnées ; « ça va, c’était de l’humour ». Parce que ce sont des stéréotypes et des idées reçues ancrés dans nos esprits et notre quotidien. Parce qu’ils paraissent plus anodins que la désapprobation qu’ils peuvent générer.

Les premiers à me faire tiquer ont été les stéréotypes de genre. Ces « vrais trucs de fille » qui feraient de nous de « vraies petites filles » (et inversement pour les garçons). Mais alors, qu’est-ce qu’elles sont « les autres » ? Celles qui sont plus à l’aise les cheveux courts et en salopette ; qui préfèrent jouer au foot à la récré ; qui aiment grimper aux arbres, quitte à salir leur tenue ? Si elles ne sont pas de « vraies petites filles », qu’est-ce qu’elles sont ? « Non mais tu exagères, je n’ai jamais dit ça ! » Ce n’était peut-être pas ton intention, mais apparemment les mots que tu as utilisé sont plus lourds de sens que tu ne le pensais. Parce qu’il ne faut pas oublier que les mots ont un sens ; qui marque souvent plus profondément que des actes.

Et alors que je me battais (pacifiquement quand même 😉 ) pour faire prendre conscience à mon entourage de ces expressions sexistes qu’on peut parfois utiliser sans même s’en rendre compte, je tenais, moi aussi, des propos discriminants. Après avoir trop mangé, il m’est arrivé de plaisanter en disant que j’avais « mangé comme une grosse ». Je ne disais pas ça en pensant à mal ; j’avais « juste » pris l’habitude d’utiliser cette expression sans réfléchir aux connotations que cela pouvait avoir. Si on y réfléchit un peu, cela sous-entendrait qu’une personne en surpoids a de mauvaises habitudes alimentaires, qu’elle se suralimente systématiquement. Mais dire, ou penser ça, est-ce que ça ne ressemblerait pas à de la grossophobie ?

Il serait possible de trouver des centaines d’autres exemples ; se moquer d’un ami qui fait l’idiot en lui disant « espèce de triso’ » ; assimiler systématiquement une origine à des traits de caractère stéréotypés sans prendre en compte l’individualité de chacun …

Et si on prenait le temps de se questionner sur le sens des mots que l’on utilise ? Et si on décidait d’agir, chacun à son niveau, pour stopper la diffusion de ces stéréotypes banalisés ? 

Source de l’image : Otterboxy

Rendez-vous sur Hellocoton !

Share on FacebookTweet about this on TwitterPin on PinterestShare on Google+Email this to someone

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *