Mes dernières lectures #1

Mes dernières lectures #1

Ça ne faisait pas officiellement partie de mes « souhaits » pour 2016, mais cela fait quelques mois que j’ai envie de me (re)mettre à la lecture. Je lisais beaucoup, étant plus jeune, mais, au fil du temps, j’ai de moins en moins pris du temps pour cette activité que j’aime pourtant toujours autant. Cet été j’ai lu le roman de Joël Dicker dont tout le monde parlait : « La Vérité sur l’affaire Harry Quebert », et j’ai retrouvé le plaisir de dévorer un bouquin. Alors je m’y suis remis, petit à petit, et aujourd’hui je vous parle de mes 3 dernières lectures ; 3 livres, 3 histoires, et 3 femmes bien différentes …

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Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, de Harper Lee, éd Le Livre de Poche.

Résumé :

« Dans une petite ville d’Alabama, à l’époque de la Grande Dépression, Atticus Finch élève seul ses deux enfants, Jem et Scout. Avocat intègre et rigoureux, il est commis d’office pour défendre un Noir accusé d’avoir violé une Blanche. Ce bref résumé peut expliquer pourquoi ce livre, publié en 1960 – au cœur de la lutte pour les droits civiques des Noirs aux États-Unis –, connut un tel succès.

Mais comment ce roman est-il devenu un livre culte dans le monde entier ? C’est que, tout en situant son sujet en Alabama dans les années 1930, Harper Lee a écrit un roman universel sur l’enfance. Racontée par Scout avec beaucoup de drôlerie, cette histoire tient du conte, de la court storyaméricaine et du roman initiatique. Couronné par le prix Pulitzer en 1961, Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur s’est vendu à plus de 30 millions d’exemplaires dans le monde entier. »

Mon avis :

J’ai reçu ce classique de la littérature américaine (publié en 1960) pour Noël, mais je n’ai pas tout de suite pris le temps de le lire. Quand je m’y suis mise, j’ai eu un peu de mal à entrer dans l’univers et je n’ai pas été aussi « transportée d’émotion » que je pensais, mais je suis finalement contente de l’avoir lu (et j’ai trouvé la deuxième partie, à partir du procès, bien plus captivante).

L’histoire mêle, sur un ton frais, la vie quotidienne de la famille à des questions profondes sur la société, et notamment sur les inégalités raciales. C’est à travers les yeux de Scout que l’on découvre cette Amérique des années 1930, et les sentiments de l’enfant (tour à tour vexée ou enthousiaste, curieuse ou détachée) se heurtent à une réalité qu’elle pointe du doigt sans vraiment la comprendre : une société encore profondément inégalitaire. Ce point de vue interroge les événements d’une manière assez originale, mais crée aussi une certaine distance entre ces derniers et le lecteur. Ne vous attendez donc pas à suivre au plus près le procès dont il est question dans le résumé (ce qui fut mon cas), mais plutôt à suivre les aventures d’une petite fille qui questionne, de manière simple et évidente les injustices et le racisme ordinaire.

« Eh bien l’autre soir en sortant du tribunal, Miss Gates… elle descendait les escaliers devant nous, tu l’as peut-être pas vue… elle parlait avec Miss Stephanie Crawford. Je l’ai entendue dire qu’il serait temps que quelqu’un leur donne une bonne leçon, qu’ils se sentaient plus et qu’un de ces jours ils finiraient par penser qu’il pouvaient nous épouser. Jem, comment peut-on tellement détester Hitler si c’est pour se montrer odieux avec les gens de son pays ? »

J’ai aussi aimé ce livre pour les personnages authentiques créés par Harper Lee, avec leurs qualités et leurs failles. J’ai été particulièrement touchée par Jem, le frère de Scout, qui, plus vieux que sa soeur, est frappé de plein fouet par l’injustice et les dysfonctionnements de la société. Le personnage du père, Atticus, avocat qui élève seul ses deux enfants, mérite aussi de s’y attarder, de par sa farouche volonté de toujours rester en accord avec sa conscience. Et il y a aussi Calpurnia, la femme de ménage noire, qui navigue constamment entre deux mondes, et Miss Maudie, la voisine attachante. Cela donne un joli portrait d’une famille, où chacun peut exprimer son individualité sans risquer d’être jugé.

« Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur » fait donc partie de ces lectures qui m’auront marquée, non pas parce que j’ai adoré ou détesté, mais parce qu’elle m’aura bousculée, et parfois cela fait du bien.

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A cloche pied

A cloche-pied, de Raky et Mbépongo Dédy Bilamba, éd. Michalon

Résumé :

« A 24 ans, Raky quitte Paris pour poursuivre ses études universitaires au Québec. Au début de l’hiver 2004, à peine un an après son arrivée, elle se rend à l’hôpital pour un simple abcès dans le bas du dos. Elle devait rester cinq jours, elle y restera cinq mois. Suite à une négligence médicale, l’opération qui nécessitait une chirurgie mineure se soldera par une grave infection causée par la bactérie dite mangeuse de chair. Pour lui sauver la vie, il faudra l’amputer de la jambe gauche. Un drame pour cette jeune femme, passionnée de basketball et qui a connu une expérience de mannequin devant l’objectif d’Oliviero Toscani.

Raky passe par l’incompréhension, la colère et le désespoir, avant de parvenir à puiser au fond d’elle une énergie qu’elle ne soupçonnait pas. Malgré les difficultés de ce parcours « à cloche-pied », elle a su retrouver sa place dans la société, accepter sa nouvelle féminité et nourrir de beaux projets. »

Mon avis :

Ce témoignage est aussi un livre reçu à Noël, mais par l’Amoureux cette fois. Je ne suis pas une franche adepte des témoignages « purs », je suis assez sensible au style d’écriture et ici il est très simple, mais ça ne m’a pas empêchée d’aimer « A cloche-pied ». L’accent est mis sur le fond plus que sur la forme, et cela permet de livrer, sans artifices, le parcours de cette jeune femme. Le lecteur est touché par le drame qui se déroule sous ses yeux, sans tomber dans le pathos. On suit l’histoire de Raky à travers ses propres yeux sans se perdre dans des descriptions à rallonge, mais en étant happé par la sincérité de ses propos. Avec pudeur, elle nous fait part de ses doutes, de son désespoir parfois, mais aussi de son profond désir de se relever, même si ce n’est plus que sur une jambe.

« A cloche-pied » n’est donc pas un chef d’oeuvre littéraire et il n’a pas pour but de faire voyager son lecteur dans un univers qui pourrait lui faire oublier son quotidien, mais il illustre à merveille le refus de la fatalité et il donne une vision « positive » du handicap.

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Demain est un autre jour

Demain est un autre jour, de Lori Nelson Spielman, éd Pocket.

Résumé :

« Qu’avez-vous fait de vos rêves de jeunesse ? Brett Bohlinger, elle, a un an pour le découvrir. Pensant hériter de l’empire cosmétique familial à la mort de sa mère, elle apprend que cette dernière, qui avait pour elle de tout autres projets, ne lui a légué qu’un vieux bout de papier : la liste de tout ce que Brett voulait vivre quand elle avait 14 ans. Si elle veut toucher sa part, la jeune femme doit réaliser chaque objectif de cette life list.

Enseigner ? Aucune envie. Un bébé ? Andrew, son petit ami, n’en veut pas. Tomber amoureuse ? C’est déjà fait, grâce à Andrew. A moins que … »

Mon avis :

« Demain est un autre jour » est un parfait exemple de roman « feel good ». C’est un roman léger qui se lit vite, mais qui pose aussi des questions plus profondes : quelles sont les vraies raisons de nos choix ? est-ce que ce sont des choix qui guident notre vie ou simplement une succession de circonstances ? ne sommes-nous pas en train de nous perdre dans une vie qui ne nous correspond finalement pas ?

Parfois agaçante, l’héroïne prend aussi conscience que ses préoccupations de jeune femme blanche et (presque) fortunée sont souvent très éloignées de la réalité des personnes qu’elle cotoie. Et puis je me suis finalement laissé embarquer par le parcours de Brett, qui s’approprie petit à petit les objectifs de vie de l’adolescente qu’elle a été. L’histoire est belle, faite de rencontres et de prises de conscience, l’écriture est fluide et la « morale » me parle ; n’hésitons pas à bouleverser notre vie, osons sortir de notre zone de confort et prenons des risques pour vraiment être les « maitres de [notre] destin ».

« Pas étonnant que ma mère m’ait obligée à changer de direction, à m’éloigner de cette autoroute superficielle et trop rapide sur laquelle je fonçais. La route que j’emprunte désormais est sans doute moins rapide, le paysage n’est peut-être pas aussi glamour mais, pour la première fois depuis des années, je prends plaisir au voyage. »

Je vous recommande donc « Demain est un autre jour » si vous avez envie d’un roman optimiste et sans prise de tête (du moins pour le lecteur (encore que …)) sans tomber dans la mièvrerie.

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& vous, avez-vous lu ces livres ? Qu’en avez-vous pensé ? Et avez-vous d’autres lectures à me conseiller ?

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3 commentaires sur “Mes dernières lectures #1

  1. j’ai lu demain est un autre jour il y a 1an et demi. ça avait été un gros coup de coeur! 🙂 un livre qui donne le sourire ça fait du bien. Par contre les deux autres je connais pas ^^
    Bonne soirée!

    1. C’est exactement ça : « Demain est un autre jour » un livre qui fait du bien ! N’hésite pas à me donner ton avis si tu décides de lire l’un des deux autres 😉

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