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La course d’orientation, cette galère

Ô toi lycéen ou étudiant perdu dans la jungle de l’orientation, sache que non, tu ne joues pas ta vie sur Post Bac ou dans toute autre démarche de (ré)orientation longue et fastidieuse. Evidemment, c’est un choix important, qui va avoir des conséquences sur ton avenir, mais tu as, évidemment aussi, le droit à l’erreur. Parce que, que l’on est 15-16 ans ou (beaucoup) plus, ce n’est pas toujours facile de savoir ce que l’on veut faire de sa vie. Je n’ai peut-être pas beaucoup d’expérience professionnelle, mais question réorientation, je suis rodée.  Alors aujourd’hui je vous fais part de mon expérience, en espérant que cela pourra vous aider à y voir un peu plus clair.

N.B ; Dans cet article j’évoque les études que je connais, c’est-à-dire l’orientation post-bac, mais j’ai bien conscience que ce n’est pas le seul parcours qui existe.

Le dilemme de l’orientation : choisir c’est renoncer

Je n’ai jamais eu de certitudes quant à mon futur métier. Comme beaucoup, je me suis imaginée professeure des écoles, journaliste, et même avocate. Mais rien qui n’a jamais sonné comme une évidence. Et sans cette vocation, mon gros problème ça a surement été cette peur de devoir faire un choix, parce que, tout le monde le sait, choisir c’est renoncer. Et je pense que d’autres ont été confrontés (ou le sont aujourd’hui) à ce dilemme. Evidemment, des choix j’en avais déjà fait ; choisir une LV2, choisir des options, choisir une série, etc. Mais rien qui ne semblait aussi important, aussi vital presque, que choisir des études post-bac. Parce que l’entourage a tendance à insister sur un point : ce choix d’orientation sera d.é.c.i.s.i.f pour le restant de tes jours.

Pile de livres
Ce qu’il me reste de la prépa …

Bonne élève, je pensais prendre la direction d’un parcours étudiant assez « classique » : deux années en CPGE Lettres et Sciences sociales (si ça vous intéresse je pourrai détailler le contenu et vous donner mon ressenti sur cette formation dans un autre article) avant de bifurquer en troisième année de Licence d’Histoire à l’université. Rien de foufou, deux choix d’études assez « généralistes », qui ne m’ouvraient pas franchement les portes du monde du travail, mais qui avaient le mérite de ne pas en fermer trop non plus, de portes. Mais aujourd’hui je me retrouve à effectuer un stage de 12 semaines pour valider un DUT Information et Communication. Si on m’avait dit ça il y a 4 ans, j’aurais eu bien du mal à y croire (et mes profs aussi d’ailleurs 😉 ).

J’ai donc connu 3 périodes de (ré) orientation depuis l’obtention de mon baccalauréat (et j’entame actuellement la quatrième, youpi), à chaque fois avec un état d’esprit différent. Et de ces expériences j’ai appris pas mal de choses, qui pourraient vous être utiles à vous aussi.

Si je peux me permettre de te donner quelques conseils :

  • Etre conseillé, c’est bien ; laisser d’autres personnes t’imposer leur propre choix, c’est moyen.

Dans ce genre de situation, souvent parfois stressante, il peut être rassurant de sentir soutenu, d’être accompagné et conseillé, que cela soit par ses proches, ses professeurs ou un conseiller d’orientation. Mais, au final, ce ne sont pas à vos proches de prendre des décisions à votre place ; surtout quand cette décision marque, d’une certaine manière, votre entrée dans l’antichambre de l’indépendance et du « futur d’adulte ». J’ai bien conscience que cela peut paraître plus facile de se laisser guider, surtout que ces personnes veulent (en général) ce qu’il y a de mieux pour vous, mais je ne pense pas (et je n’exprime que mon avis personnel) que ce soit le mieux à faire. Vous risquez de vous convaincre que ce choix est le vôtre et qu’il correspond parfaitement à vos aspirations, alors que ce n’est pas forcément ce qui vous convient le mieux. Inutile de vous isoler dans une tour d’ivoire jusqu’à ce que votre choix soit fait (on laisse ça aux cardinaux), mais gardez à l’esprit que la décision finale vous appartient à vous, et à vous seul.

Et pour faire un choix « éclairé », il n’y a pas de secret ; il faut s’informer. D’abord, il vaut mieux demander conseil à des personnes qui exercent le dit-métier ou qui a effectué les dites-études, plutôt que de se baser sur des « on dit » parfois très éloignés de la réalité. Il existe aussi des sites internet où vous pouvez retrouver beaucoup d’informations très utiles (le site de l’ONISEP par exemple). Si vous avez besoin d’y voir plus clair, n’hésitez pas à poser les choses sur papier : vos critères de choix (durée des études, budget, localisation …) plus ou moins négociables, les avantages et les inconvénients de chaque formation / métier, etc.

Lors de vos recherches, vous allez vous rendre compte qu’il existe des types d’études très différents (et certainement bien plus que ce dont on vous parle chez vous / à l’école) selon :

  • la nature : une formation généraliste, technologique ou plus spécialisée
  • la durée des études : plutôt longues (à partir de BAC+4/5) ou plutôt courtes (BAC+2/3)
  • la localisation : certaines formations sont dispensées sur tout le territoire alors que d’autres, souvent plus spécifiques, ne se trouvent que dans un ou deux établissements
  • les méthodes mises en place : partiels ou contrôle continu, possibilité d’alternance ou de stage, importance des travaux de groupe …
  • le budget
  • les possibilités de poursuite d’études, voire les perspectives de carrière

N’hésitez pas également à vous rendre aux portes ouvertes des écoles / à faire des stages, c’est certainement la meilleure manière de se rendre compte de la réalité d’une formation / d’un métier.

  • Prendre son temps, ce n’est pas forcément perdre son temps

Avant d’y entrer de plein pied, on a souvent l’impression que les études supérieures se déroulent toutes selon le même schéma : BTS/DUT – licence professionnelle ou licence (avec éventuellement un semestre ou deux à l’étranger) – master, et tout cela dans la même filière, évidemment. Alors quand on se rend compte que son parcours risque de différer de ce modèle si idéal, on peut avoir tendance à se sentir un peu perdu, voire carrément anormal. PAS DE PANIQUE. Si vous discutez un peu autour de vous, vous vous rendrez vite compte que, finalement, un paquet de personnes n’ont pas suivi ce fameux parcours idéal-en-théorie (moi la première …). Au contraire, avoir un parcours « atypique » peut même se révéler être un point fort non négligeable lorsqu’il s’agit de se démarquer des autres.

Le parcours idéal n’existe pas. Certains se sentiront complètement perdus à l’université alors que d’autres y seront comme des petits poissons dans l’eau (dites-moi que vous aussi vous avez la chanson dans la tête maintenant …). Certains trouveront immédiatement leur voie alors que d’autres auront besoin d’un peu plus de temps. Mais surtout, tout le monde a le droit à l’erreur. Vous avez le droit de vous rendre compte que la filière choisie ne vous correspond finalement pas (bon, si c’est la sixième fois que vous faites ce coup-là, il y a peut-être d’autres questions à se poser). Après avoir obtenu un diplôme équivalent à un Bac+3, j’ai finalement décidé de suivre une formation « post-bac ». Pourtant, je ne vois pas cela comme un retour en arrière ou comme une année de perdue.

Si vous « décrochez », profitez-en pour mettre ce « temps perdu » à profit : partez à l’étranger (pour améliorer votre langue, gagner en expérience ou simplement vous retrouver), étoffez votre CV (bénévolat, certificats ou diplômes divers et variés, expérience professionnelle …) et prenez le temps de réfléchir à ce que vous voulez faire, que cela soit pour vos études ou pour votre vie future (ou même votre présent). Ne pas savoir ce que vous voulez faire de votre vie à 20 ans ne veut pas forcément dire que vous serez un raté ad vitam aeternam. Il suffit parfois d’un simple déclic pour que tout s’éclaire !

Bibliothèque universitaire IUT Nancy

  • Faites-vous confiance, écoutez-vous & développez vos talents

Si on écoutait tout ce qui se dit, nous n’aurions plus qu’à partir élever des chèvres en Bolivie (ce qui est un choix de vie qui mérite d’y réfléchir, non ?) parce que de toute manière « oula, c’est bouché comme domaine ça, non ? » ou « je connais quelqu’un qui a fait les mêmes études que toi, eh bien il est au chômage depuis ». Il faut être réaliste, certains métiers sont plus « risqués » que d’autres si on pense « employabilité », mais écouter les pessimistes, selon qui, de toute manière, il n’y du travail nulle part ne vous aidera pas à en trouver ! Alors si vous êtes intimement persuadé que tel ou tel métier est « fait pour vous », je vous encourage à vous lancer, et ce quelque soit votre âge. Si le risque est vraiment grand, prenez le temps d’assurer vos arrières, mais surtout ne vous laissez pas bouffer par les « et si ». Et surtout, ne vous dites pas et nous vous laissez pas dire que vous n’êtes « bon à rien », il y a forcément un domaine dans lequel vous êtes particulièrement à l’aise, dans lequel vous pouvez apporter une valeur ajoutée ; il suffit d’en prendre conscience et de se faire confiance pour développer ses aptitudes.

Choisir une orientation, c’est donner une direction à sa vie, mais en aucun cas cela veut dire que l’on ne pourra plus en dévier par la suite 🙂

***

& pour vous, l’orientation a-t-elle été (ou est-elle encore) source de doutes et de questionnements ? Comment avez-vous fait pour finalement « trouver votre chemin » ?

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4 commentaires sur “La course d’orientation, cette galère

  1. Très chouette article qui va en aider plus d’un !
    Pour trouver mon chemin, j’ai suivi mes envies. Pas toujours rémunératrices au départ, mais riches en expériences. Et puis après, c’est venu tout seul… Même si je suis intimement convaincue qu’il me reste encore pas mal de cordes à mon arc, une orientation n’est jamais définitive. Et c’est là que ça devient intéressant… 🙂

    1. Merci beaucoup, cet article me tenait à coeur, je sais comme ça peut finir par être angoissant d’entendre tout le monde parler d’orientation, d’avenir, etc. alors qu’on se sent totalement perdu face à tout ça 🙂
      Comme tu le dis, une orientation n’est jamais définitive, mais malheureusement on ne le dit pas assez je trouve ! L’important c’est d’arriver à s’enrichir de chaque situation 😉

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