Attentats à Bruxelles : le dessin du Monde par Plantu

Dans ce monde qui souffre, parfois je ne sais plus où me mettre

On ne compte plus les explosions : Ouagadougou, Ankara, Bruxelles ce matin … L’actualité pesante et les souffrances, à la fois si éloignées et si proches, nous rattrapent chaque jour. Ces événements tragiques nous font prendre du recul sur nos peines, sur les contrariétés du quotidien ; ces choses finalement futiles, mais qui occupent nos pensées à longueur de journée.

Sommes-nous coupables de trop de futilités ? Devons-nous nous reprocher cette attitude qui apparaît parfois comme déplacée ? Devons-nous culpabiliser de prévoir le dîner au moment où l’on apprend la mort de plusieurs dizaines de personnes ? Pouvons-nous décemment reprendre le cours de nos vies comme si de rien n’était alors que d’autres existences viennent de basculer ?

Aujourd’hui, je suis triste, en colère et je me pose beaucoup de questions (comme souvent). Je ne suis pas insensible à ce qui se passe plus loin que le bout de mon nez, je suis même profondément touchée par ces actes barbares et incompréhensibles. Mais c’est vrai aussi que je ne suis pas en mesure de ressentir dans ma chair la détresse de tous ces gens qui se battent pour vivre. Je n’ai jamais connu la guerre, je n’ai pas connu de grand malheur, j’ai reçu beaucoup d’amour, j’ai ri souvent et je ne peux renier tout cela. Ça me paraîtrait déplacé d’avoir l’air de porter toute la misère du monde sur mes épaules, moi qui suis née de la bonne couleur de peau, dans le bon pays, à la bonne époque.

Est-ce que cela devrait m’empêcher d’être affectée par cette barbarie ? Est-ce que je dois refouler mes émotions sous prétexte qu’au final, j’ai quand même de la chance ? Ma sensibilité à fleur de peau me fait de toute manière bien comprendre que, même si je le voulais, j’aurais bien du mal à passer outre cette tristesse. J’ai du mal à trouver ma place. Où se trouve la limite entre altruisme et fausse charité chrétienne ? Peut-être que je me pose trop de questions. Peut-être qu’un jour je parviendrai à ne plus me chercher de justifications, peut-être que j’agirai sans y réfléchir, presque par instinct. Instinct d’humanité. Je ne veux pas être une sorte de missionnaire colonisateur, mais je veux agir. Parce que je crois que c’est par l’accumulation de petits riens que l’on parvient à construire de grandes choses. Chacun à sa manière, chacun selon ses convictions.

J’avais besoin de mettre des mots sur ces sentiments parfois contradictoires, même si ça peut parfois paraître maladroit. Parce que je crois aussi que poser des mots permet de prendre du recul sur une question, de l’aborder d’une autre manière, de l’aborder tout court aussi.

Mes pensées vont aux victimes du terrorisme et à leur famille, ainsi qu’à toutes les personnes qui ont été affectées par ces événements <3

Share on FacebookTweet about this on TwitterPin on PinterestShare on Google+Email this to someone

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *