We can do it

Apprendre à concilier son féminisme avec le quotidien

Difficile de passer à côté, le 8 mars c’est la Journée internationale des droits de la femme. Je ne rentrerai pas dans l’éternel débat qui voudrait que la journée de la femme soit toute l’année, et pas seulement le temps d’une journée, etc. Je voudrais plutôt profiter de l’occasion pour parler d’un thème qui me tient particulièrement à cœur : le féminisme.

Avant tout, et pour que les choses soient claires, le terme « féminisme » n’est pas un gros mot. Du moins, ça ne devrait pas l’être. Est-ce qu’il y a quelque chose de mal à considérer que les femmes sont des êtres humains, au même titre que les hommes, et que, pour cette unique raison, avoir les mêmes droits, dans les textes, mais aussi dans les faits, ça pourrait être cool ? Ouiiii, mais vouleyféministes (vous allez vite vous rendez compte que j’adôôôre ce genre d’expression 😉 ) vous allez trop loin. Ok, bon, on pourrait débattre pendant longtemps de cette notion « d’aller trop loin », aujourd’hui je voulais surtout parler de comment j’essaie de concilier mon féminisme avec mon quotidien.

Je suis convaincue qu’il existe plus ou moins autant de féminisme que de féministes et je n’ai pas prétention à donner une définition universelle de ce mouvement. Je me contenterai d’exposer mon sentiment à ce sujet et j’entends parfaitement le fait que mon discours puisse contenir des failles, des zones un peu floues / que tout le monde ne soit pas en totale adéquation. Je ne saurai pas vraiment dire à quel moment précis je suis devenue féministe. Je pense que c’est venu petit à petit, au fur et à mesure de mes lectures, à force d’y réfléchir et d’en parler autour de moi. Et encore aujourd’hui, ma réflexion continue d’évoluer. Ceci étant dit, oui, je suis féministe.

Emma Watson & feminism

J’ai toujours été convaincue qu’il était juste normal que les hommes et les femmes soient égaux. Cet énoncé me semblait évident, c’est pourquoi je trouvais parfois que les féministes faisaient beaucoup de bruit pour pas grand chose. Mais j’ai fini par me rendre compte que cet idéal d’égalité s’appliquait surtout dans la fameuse principauté d’« en théorie ». Alors oui, les femmes et les hommes sont égaux devant la loi, les femmes ont obtenu le droit de vote, le droit d’ouvrir un compte en banque sans le consentement de leur mari, etc. Mais dans les faits, est-ce cette égalité s’applique vraiment ? Je crois que je suis devenue féministe quand j’ai compris qu’il ne suffisait pas de donner les mêmes droits aux hommes et aux femmes, mais qu’il fallait surtout questionner ces constructions sociales. Et le problème chez moi, c’est que, quand un sujet m’intéresse, j’ai tendance à creuser. Conséquence ? Aujourd’hui il ne se passe pas une journée sans que je ne voie ou n’entende une remarque sexiste. Et pour cela, pas besoin de chercher une publicité où la femme est représentée comme un objet sexuel, parce que ce serait trop facile si ça s’arrêtait là.

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En fait, ce qui m’agace profondément (je reste polie t’as vu) c’est la banalisation du sexisme et l’intégration du système patriarcal comme étant la « norme ». Selon M. Larousse, le patriarcat est une « forme d’organisation sociale dans laquelle l’homme exerce le pouvoir dans le domaine politique, économique ». Cette domination masculine ne date pas d’hier et a des conséquences dans de trèèès nombreuses situations de la vie quotidienne. Sauf que c’est tellement intégré dans l’inconscient collectif que peu de personnes y font vraiment attention. Et quand on le fait remarquer, on a tendance à passer pour la reloue de service (oui, je parle de moi là).

Mais j’y peux rien si les expressions du genre « garçon manqué » ou « vraie petite fille ! » me font grincer des dents. Non mais sérieusement, qu’est-ce que ça veut dire « être une vraie petite fille » ? Aimer le rose, être douce et polie, rêver d’un beau mariage et de beaux enfants ? Et les autres, celles qui ont un vagin mais qui préfèrent porter des pantalons , celles qui ne se rêvent pas « maman » mais plutôt archéologues, celles qui jurent ou qui n’arrivent pas à rester calmes en cours ? Si ce ne sont pas de « vraies filles », qu’est-ce qu’elles sont ? Des « garçons manqués » ? Des individus « ratés » qui se seraient trompés de sexe ? Certains pourraient me répondre que j’exagère, qu’en 2016 tout le monde a accepté l’idée que les filles pouvaient aimer le bleu et les garçons le rose. En théorie, peut-être, mais dans les faits, combien de filles doivent renoncer à pratiquer le sport qu’elles aiment à cause du regard des autres ? Combien de garçons sont raillés parce qu’ils préfèrent jouer avec des poupées plutôt que des voitures ? Loin de moi l’idée de juger ces comportements que l’on juge « dignes d’une vraie fille » ou « dignes d’un vrai garçon », seulement il ne faut pas oublier que derrière ces filles et ces garçons, il se cache avant tout des individus, avec leurs singularités. Je suis une fille, d’accord, mais mon identité ne se limite pas à ça. Madmoizelle a publié un article très intéressant au sujet de ces généralités qui contribuent à nier les individualités : « NOULÉFILLES », cet agaçant syndrome de Stockholm.

Alors si on autorisait les femmes à être ambitieuses et à s’épanouir en-dehors du foyer ? Toutes les femmes n’ont pas forcément vocation à fonder une famille, comme les hommes n’ont pas tous vocation à le faire non plus. Seulement, ce choix de vie est beaucoup plus socialement accepté pour ces messieurs. Il faudrait aussi s’enlever de la tête l’idée que, par nature, les femmes sont de pauvres petites créateurs frêles que ces messieurs doivent protéger, voire entretenir. Partant parfois d’une bonne intention, ces attitudes ne font que refléter ce patriarcat tellement intégré qu’on a l’impression qu’il sert la cause des femmes.

Campagne de recrutement Education Nationale
On en parle de cette campagne de l’Education nationale ?

De nombreuses études le prouvent : les études et les métiers sont encore très sexués. Je ne suis pas favorable à la parité à tout prix (là encore, je trouve que c’est nier le potentiel des individus au profit de groupes sociaux), mais favoriser l’égalité des chances ne serait pas de refus. Et pour ça, à bas l’auto-sélection (ne pas s’autoriser à choisir un parcours scolaire caractérisé comme plutôt masculin et/ou sélectif, ou à postuler pour un poste trop « prestigieux ») et les préjugés sur le marché du travail mais aussi à l’école. Pas la peine, donc, d’interdire aux femmes l’accès à certains métiers, sous prétexte qu’ils seraient trop « dangereux », comme on l’a vu en Russie (conducteur d’engin par exemple). Cela peut être vu comme relevant d’une bonne intention (protéger ces gentes dames toussa) mais on est en plein dans le patriarcat, dans ce système où les hommes continuent de décider pour les femmes. Ne serait-il pas plus judicieux de se pencher sur la dangerosité de ces métiers, autant pour les femmes que pour les hommes ?

Tous les jours nous sommes confrontés à ces images / propos / attitudes sexistes (si si, je vous jure). Alors oui, parfois j’ai l’air d’une féministe aigrie et hystérique. Parce que je suis fatiguée d’assister, impuissante à ce déballage de sexisme souvent inconscient. Parce que, oui, en soi pris isolément « oh ça va, ce n’est pas si grave », sauf que ces actes apparemment anodins mis bout à bout, si, c’est grave. Parce que je n’ai pas toujours envie d’exposer clairement, arguments et exemples précis à l’appui, en quoi le patriarcat est tellement intégré qu’on ne s’en rend même plus compte et que cela rend l’égalité homme/femme impossible à réaliser dans les faits. Et pourtant, sans cela le discours d’une femme n’a malheureusement que peu de crédibilité.

Malgré tout, je veux continuer à me battre pour avoir le droit d’être la personne que je veux, sans que le fait d’être une femme ne soit synonyme de soumission ou de faiblesse. Je veux continuer à essayer d’attirer l’attention sur ces « détails » qui ont pourtant tellement d’importance dans la considération de la cause féministe.

We want sex equality
Source ; Madmoizelle

P.S : Si vous vous inquiétiez pour l’Amoureux, pas de panique, être féministe ne veut pas nécessairement dire que je rêve d’écraser les hommes. Alors ok, je l’ai enfermé une fois dans l’appart, mais ce n’était pas intentionnel … Et puis de toute manière, c’est lui qui le dit : « ah mais en fait, moi aussi je suis féministe ! »

***

& vous, comment est-ce que vous appréhendez le féminisme (que cela soit le vôtre ou non) au quotidien ? Etes-vous sensibles à ces propos sexistes qui peuplent notre quotidien ?

N’hésitez pas à partager votre point de vue sur ce sujet, je serai ravie d’en discuter avec vous 😉

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